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    September 26

    MORT PROGRAMMEE

     

     

     

     

        L’idée de la mort m’effleure, j’en joue, je la prends, l’examine, la lâche et la

        reprend.

        Idée, jeu périlleux, inconscient.

     

        Je suis malade, il est parti, je suis seule au monde, je suis dépressive.  Non,

        rien de tout cela.

     

        Je le sais.  Pas de faillite, ni financière, ni morale. Pas de dépression.  Envie de

        jouer, d’approcher.  Est-ce que cette flamme, je vais m’y brûler ?  Mourir ! 

        Mourir ?   Pourquoi, alors que rien ne m’y pousse.  Juste l’ennui d’une vie si

        lisse, si sage, que le gris le plus triste rougirait de honte  face au désespoir du

        gris de mon horizon.

     

        J’aime ce trouble qu’éveille en moi la Mort.  Enfin une émotion …Je suis

        vivante, oui vivante.  Une émotion, comme une flamme.

     

        La mort…Un jeu qui ne souffre qu’une seule règle : nul retour en arrière

        possible.  Ce n’est pas le  contrat d’achat d’un salon en cuir.  On ne rend pas

        la marchandise.  Pas non plus des vacances. Ou alors sans retour…De très

        longues vacances.

     

     

     

        Un jeu : l’enjeu ? Ma vie.  C’est tout et c’est rien.  Pas un regret. Ceux qui

        restent me connaissent si peu.

     

        C’est facile….en théorie.  Une corde pour se pendre, les médocs pour

        s’endormir – avec un bon whisky, of course -  Très classique tout cela, et aussi

        parfaitement ennuyeux que ma vie.

     

        Ma mort, si mort il y avait¸ serait plus originale, plus mystérieuses peut-être.

     

        Mais là, sur l’instant, dès potron-minet, les idées se débinent et retournent se

        coucher.

     

        Je fais de même, après avoir glissé, par la porte à peine entrebâillée, une main

        prudente et tatillonne à la recherche d’un hypothétique journal, normalement

        déposé par une concierge inconstante et fantaisiste.

     

        Bon, le journal est là.

     

        Tout un dimanche et un seul journal. 

    Je glisse sur l’actualité, qui me laisse de marbre.  Horoscope…mouais.  Prévisions météo Bof ! Mon œil gauche, le plus vif, celui qui est toujours éveillé en premier, s’arrête sur la rubrique des petites annonces.  Pourquoi pas…Cà ou autre chose…

     

    Hé ! Que lis-je ? « Mourir vite et bien. Si vous avez décidé de vous suicider et que vous n’en trouvez pas le courage, nous nous chargeons de cette tâche, moyennant rémunération raisonnable.  Discrétion totale assurée. Pour contact écrire… » Suivi d’un numéro de boite postale.

     

    Hasard ? Clin d’œil du destin ? Sort celé à l’avance ?

    Une touche de couleur dans mon horizon gris.

     

    J’écris. Curiosité immense, intense.  Les mots brûlent le papier, mes doigts brûlent le papier.  La boite avale ma lettre.  J’avale un café brûlant au snack d’en face.

     

    Enveloppe bleu clair.  Neutre, anodine.  C’est elle, la réponse que j’attends. Elle n’a pas tardé. A peine trois jours depuis le postage de mon pli.

     

    Pas d’en-tête.  A peine quelques mots jetés sur une feuille . Même couleur que l’enveloppe, ce qui démontre un certain souci d’esthétique .

     

    « Décidée à mourir ? Communiquez-nous le numéro de téléphone où nous pourrons vous joindre ce samedi à 10 h précises. Merci »

     

    Aussi simple que cela ?

     

    Frisson, jeu et frisson.  Dangereux, inexorable.  Jeu interdit.

     

    Faire ce grand pas. Aller voir, là-bas, si tout bêtement, ce n’est pas mieux qu’ici.

     

    La lettre traîne sur le buffet, présente et oubliée à la fois.  Je sais qu’elle est là. Point.

     

    Les résultats d’analyses sont arrivés. Je pardonne au médecin.  Il fut maladroit mais je me demande comment je m’en serais tirée, moi.

     

    Comment dire à un être humain qui se croit en bonne santé qu’il est condamné.  Verdict inexorable : cancer .

     

    Flash, souvenirs, éclairs de lucidité : lit d’hôpital, perfusion, opérations, manipulations odieuses d’un corps qui n’en peux plus.  Gémissement, plaintes, cris, hurlements de douleur.  Inconscience, mots murmurés.  Prière monocorde : laissez-moi mourir…par pitié…que cela finisse

     

    Jamais cela.  Aucune main ne sera là pour moi, aussi anonyme que charitable, pour accéder à mon souhait.  Personne n’injectera la douce et libératrice substance dans mon temple de douleur : mon corps.

     

     

    Pas de vie possible entre médecins, hôpital, médication lourde, rayons, chimio.  Ce qu’on appelle pudiquement « lutter » contre le cancer.

     

    Mes doigts tremblants ont glissé la lettre dans la fente de la boite.  Aléa jacta est.

     

    Sonnerie stridente – mise au maximum – pas question de rater cet appel, peut-être le plus important de ma vie…Pardon, de ma mort.

     

    Voix calme, d’un homme que l’on sent fort.  « Manque de confiance en soi » ne fait certes pas partie de son dictionnaire perso.

     

    Pas de préliminaire.  Même style que la lettre bleue.

     

    Vous avez réfléchi ?...Bien réfléchi ?... Il ne sera pas possible de revenir en arrière, une fois l’opération lancée.  Voulez-vous me recontacter plus tard ?  Un autre jour.

     

    Non par pitié finissons-en.  Rien ne sert de faire traîner les choses.

     

    Je ne sais ni quand exactement, ni où ni comment je mourrai.  Ce sera rapide et indolore, la voix forte me l’a assuré et je la crois, cette voix.

     

    J’ai déposé la somme demandée à la boite postale.

     

    Attente…Interminable attente.  Chaque instant dépose sa question, toujours la même.  Quand et comment ?  Une voiture pour m’écraser ?  Une arme à feu qui crache son petit bout de métal meurtrier ? Un coup de poignard dans le métro ?

     

    Bras chargés de provisions pour le week-end.  L’homme est là. Face à moi.  Comment est-il entré ?  Une idée.  Stupide.  Ne pas lâcher le sac contenant la bouteille de lait.

     

    Je sais que le moment est venu et là, l’aspect ludique s’efface.  Je ne suis plus qu’une femme de quarante ans, affichant belle mine et mauvais cancer, et une peur ancestrale de cette chose face à laquelle elle se trouve brutalement confrontée : sa propre mort.

     

    J’entre disant bêtement « pardon » car je suis chargée et le couloir est étroit.

     

    L’homme recule légèrement, me fait place.  Geste machinal. Je dépose mes provisions sur la table.  Je ne sais que faire, je les range, j’ouvre les armoires, le frigo.  Comédie humaine. Gestes inutiles.  Vanité de l’apparence.

     

    Manière de refuser la réalité : agir comme si la situation était normale, comme si ce cancer n’existait pas plus que cet homme, à quelques pas de moi, venu pour mettre un terme à ce que j’ai ,finalement, de plus précieux : ma vie.

     

    Silence, brisé à peine par la lourde pendule qui laisse inexorablement s’égrener les secondes. Silence …Il est venu exécuter une tâche, pas de discours.

     

    Alors je lui demande quelques instants de sursis, le temps d’ un verre de vin. 

    Ce n’est pas un tueur. Pas vraiment beau.  Sympa, chaleureux, cultivé.

     

    Pas pressé.  Au premier verre succède un second,  un troisième.  Chaleur. « Un bon vin réchauffe le cœur » disent les italiens 

     

    Paroles futiles, idées, vue personnelle sur la vie, le monde, échanges riches, de plus en plus profonds, philosophie, morale,…Tout y passe.

     

    Est-ce ça, tomber amoureux ?  Nous le sommes, amoureux.  Dès le premier regard. 

     

    Ne pas laisser tomber la bouteille de lait, ce n’était pas l’émotion de mourir, mais celle ressentie lorsqu’on vit un coup de foudre, un vrai.

     

    Je l’ai espéré, rêvé toute ma vie solitaire, ce coup de foudre et je le trouve à l’instant de mourir.

     

    J’en ris, j’en pleure. Je suis dans ses bras, lèvres contre lèvres.  Chaleur…

    Il faut que je lui parle du but de sa présence.  Je n’ai plus envie de mourir, même plus de l’envisager.

     

    Sa main s’enfonce dans sa poche.  Ma tête bouge lentement de gauche à droite.  Refus.  Non, pas maintenant, plus maintenant.

     

    Il tient un petit sachet entre le pouce et l’index, se lève, se dirige vers la cuisine. La peur m’envahit, la sueur m’inonde.  Je ne joue plus, je ne veux plus jouer. La voix résonne encore dans ma mémoire – sa voix – une fois l’opération lançée, il sera impossible de revenir en arrière.

     

    Robinet ouvert, eau qui coule. 

    Que fait-il ? Froissement de papier.  Couvercle de poubelle qui claque en se refermant.

     

    Tremblements, sueur qui m’inonde.

     

    Pas lent, paisible. Il revient. Sa main tient une lettre arrivée ce matin, que je n’ai pas pris le temps de lire. Elle provient du labo qui a procédé aux analyses.  Pas envie de savoir plus.

     

    Moi, j’ai mon tueur à gages et mon cancer…Alors, leurs analyses…

     

    Il a ouvert la lettre.  Dans la cuisine. Maintenant il me la tend. 

    Insiste pour que je lise.

     

    Du bout des doigts je la prends.  Mes yeux, machinalement, captent des mots du texte. 

     

    Désolé….Erreur au secrétariat…Echange de résultats d’analyses entre deux patientes, dossiers permutés….Analyses tout à fait normales, sans aucune alerte…ni trace d’aucune sorte de cancer …Prendre contact avec médecin traitant.

     

     

    La maison est jolie, claire, gaie.  Mon fils joue sur la pelouse. Binette (clin d’œil) chienne boxer à la patience excessive, étalée à ses pieds.

     

    Un sms reçu. Tanguy rentre dans vingt minutes. 

     

    Le temps de préparer l’omelette.

     

    Je me demande qui il a tué, aujourd’hui ?????   

    December 28

    REVENIR...PAS SI FACILE

     
     
       
       Timide comme une débutante à son premier bal, j'ai bien eu du mal à revenir.
     
    D'abord parce que, vraiment, vous m'êtes restés fidèles, malgré mon silence (mes silences ?) et que je ne me sentais pas à la hauteur de votre gentillesse, de votre amitié
     
     
    Ensuite parce que j'ai vécu tant d'évènements difficiles que j'ai changé.
     
     
    Ben non, je ne suis plus tout à fait la même.
     
     
     
    Quelques mois d'enfer, ça vous change son homme...Heu, pardon, je voulais dire "une femme"
     
     
     
    Eh, pas d'idées saugrenues, please !  Je n'ai pas changé de sexe.
     
     
     
     
    J'ai une multitude de messages à faire passer, je dois également venir chez vous tous, qui êtes des anges de patience.
     
     
    Et auprès de tous, je dois déposer, bien en vue au milieu d'une belle gerbe de roses, d'énormes excuses.
     
     
    On n'abandonne pas ses amis ainsi, de longs mois, sans explication, sans un signe de vie.
     
     
     
    Je l'ai fait pour ne pas faire passer mon désarrois, mon désespoir.
     
     
     
     
    En aucun cas je ne voulais être la cause de dépression chez vous.  Car, tout le monde le sait, le désespoir,la tristesse, rien de plus contagieux.
     
     
     
     
    Mon ciel fut nuageux, orageux, bas et gris.
     
     
    Si bas que même Brel n'aurait pu le décrire
     
     
    Et les amis, c'est pas des kleenex, ils ne servent pas à éponger les chagrins, les pleurs.
     
     
     
     
    Alors, j'ai baissé la tête, rentré les épaules, fais le gros dos et attendu que cela passe.
     
     
     
    Et...c'est pas passé.
     
     
    Alors, me direz-vous ( oui, oui, vous êtes toujours si logiques ) si c'est pas passé, qu'est-ce que tu viens faire ici ?  Nous faire voir la Nouvelle Année en gris ? 
     
    Nous ruiner en kleenex pour pleurer avec toi, alors qu'on a déjà tant de frais en fin d'année ?
     
     
    Je vous rassure, je ne viens ni vous refiler mon spleen comme on refile un mauvais rhume, ni vous gâcher votre Réveillon.
     
     
    Si les choses vont mal, moi, je vais mieux.
     
     
    Ma vie à changé - pas d'inquiétude, les petits curieux, je vous raconterai ça dans un prochain billet - et j'ai décidé de survivre d'abord ( ma période silence) de vivre, ensuite.
     
     
    Vivre pour moi, m'occuper de moi, penser à moi, en bref....M ECOUTER
     
     
     
    Enfin....car il y a si longtemps que je ne savais plus que j'existais que j'avais oublié de vivre, j'étais morte et je ne le savais pas.
     
     
     
    Je crois bien que je m'étais même enterrée, en ayant bien soin d'oublier jusqu'à l'emplacement de ma tombe
     
     
     
     
    Avouez que c'est gênant, qu'il s'agit là d'un manque total de politesse envers moi-même
     
     
     
    Alors, j'ai joué les archéologues.  Je me suis cherchée, j'ai creusé, j'ai fouillé, j'ai déterré
     
    je me suis prudemment purifiée, nettoyée de toute cette poussière d'oubli, de tout ce sable d'ennui qui me recouvrait
     
     
    Et vous ne devinerez jamais... Je me suis trouvée...pas si mal que cela.
     
     
    Mais assez parlé de moi
     
     
     
    Je n'ai pas encore eu le temps de lire tous ces comms chaleureux, tendres, amicaux.
     
     
     
    Je vous l'ai dit,je vais passer chez chacun, mais il faut du temps
     
     
     
    Alors, pour ne pas rater mes voeux de Nouvel An comme j'ai raté ceux de la Noël, je vous souhaite à tous
     
     
     
     
        UNE EXCELLENTE ANNEE 2007
     
     
     
    De tout coeur, j'espère que cette Année sera celle de la joie, du bonheur, de la chance et de la santé pour vous tous.
     
     
     
     
     
    Je sais, cela manque d'originalité, mais ce n'est pas écrit dans l'indifférence, d'une plume - pardon d'un clavier - distrait.
     
     
     
    Je pense vraiment chaque mot, et j'y mets toute mon amitié, toute ma tendresse et je pense à chacun de vous en vous souhaitant le meilleur, le plus beau, le plus doux.
     
     
     
     
    Bisous à vous tous, je ne vous abandonne plus, promis.
     
     
     
     
    Une pensée particulièe à ce petit bout d'chou qui a pointé le bout de son nez à la fin de cette année .
     
     
    Bienvenue sur la Terre, Basile, crois-moi, elle est belle et la vie aussi.
     
     
    Et un gros bisou et toutes mes félicitations à aux parents.
     
    Bravo Marie-Noëlle et bon courage.  Les nuits sont courtes quand ils ont quelques mois. MDR;
     
     
     
     
     
     
     
     
    October 27

    RETOUR ET UN PEU DE TOUT POUR RECOMMENCER

    Il lui dit ma belle, laisse-moi te guider

    Dans cette quête au plaisir, je saurai t’initier

    Pour une première fois, tu ne peux mieux tomber

    Je suis doux comme l’agneaux et  expérimenté

    Elle le croit sur parole, elle qui par le passé

    N’osait croire en la chance d’être un jour remarquée

    Par un tel Adonir, habile baratineur

    De surcroît habitué

    Aux jeunes filles crédules aspirant au bonheur

    Elle est prête à le suivre jusqu’au bout de la Terre

    Il l’amène  dans un sinistre hôtel

    Il œuvre vite, sans préliminaires

    Et la laisse perplexe, seule et amère

    Lui, ses occupations l’appellent

    Elle enfouit cela au fond de sa mémoire

    Et espère rencontrer un homme digne de ce nom

    Mais de plus en plus lasse, des analyses s’imposent

    Le médecin lui apprend sa contamination,

    Bien triste condamnation

    Sur le Net rôdent des loups déguisés en agneaux, qui par vengeance  ou par vice, contaminent des innocents

     

    C’est arrivé, c’est une triste réalité.

     

     

    *=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

     

     

     

    D'abord je vous dis B O N J O U R

     

    Je suis enfin revenue.

     

    Et vous méritez des milliers de bisous pour votre patience, votre fidélité.

     

    Aucun d'entre vous ne m'a oubliée, toujours doucement,sur la pointe des pieds, sans me réveiller, régulièrement vous êtes passés

     

     

    J'avais besoin, en urgence, de me reconcentrer sur moi-même et sur ma vie, je devais passer quelques épreuves, qui le furent avec succès

     

    J'ai dû mettre de l'ordre dans ma vie professionnelle et familiale

     

     

    Ensuite, il me revint de faire le deuil de tout ce que j'avais décidé de "laisser en arrière".

     

     

    Tout n'est pas encore réglé, mais j'y vois plus clair, c'est l'essentiel

     

    Le reste se fera petit à petit, doucement.

     

     

     

    Voilà l'explication à mon long silence, explication que vous méritiez, étant donné votre amitié que je ne qualifierais certes pas de "virtuelles" ; ce serait lapidaire.

     

     

    Car le froid de mon écran n'a pas réussi a arrêter toute cette chaleur humaine sincère - vous n'étiez pas obligés de me laisser des comms et de revenir encore et encore - que vous m'avez procurée et qui m'était si nécessaire, malgré mon silence.

     

     

    oui, je suis venue vous lire, doucement, avec précaution, sans me réveiller vraiment et tout ce que vous m'avez écrit m'a fait un bien énorme

     

    Je ne peux pas - virus oblige - vous laisser le bouquet de fleurs que j'avais préparé

     

    Alors, simplement, à tous, je vous dis un immense

     

     

     

    M

    E

    R

    C

    I

    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

     

      Une petite explication sur le texte que j'ai choisi de vous écrire.

     

     Je sais qu'il n'est pas très gai, et que j'aurais pu choisir un sujet 

     plus réjouissant, après une si longue absence.

     

     

     Mais il est inspiré d'une histoire vraie, et peut-être encore plus   

     ignoble.

     

     

     J'ai connu une femme - mais non, qu'allez vous penser,

     pas au sens biblique du terme, voyons ! - qui annonçait sur le

     Net qu'elle était prête à tout, acceptait tout en amour.

     

     

     Il est facile d'imaginer ce que ce genre "d 'annonce" pu

     engendrer  comme nombre de réponses positives

     

     

     A ma connaissance, elle pollua ainsi quelques dizaines d'hommes 

     de tous milieux.

     

     

     Dont de jeunes pères de familles de moins de 30 ans et

     quelques jeunes dont l'annonce de leur séroposivité fut le"cadeau" 

     d'anniversaire de leurs 18 printemps.

     

     

     Elle est morte il y a peu, je l'ai appris par hasard

     

     Je ne sais si son âme trouvera la paix

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    September 24

    JE DORS

     
     
     
     
     
    ESPACE EN SOMMEIL
     
     
     
    PASSEZ SUR LA POINTE DES PIEDS
     
     
     
    DEPOSEZ VOS MESSAGES, BISOUS ET AUTRES DOUCEURS
     
     
     
    JE REVIENDRAI VOUS VOIR PLUS TARD
     
     
     
    MAIS POUR L INSTANT,JE DORS
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    FROID DANS LE DOS ?

     

     

     

     

     

    Une petite vieille possède un chat ; elle élève des canaris

    Chaque semaine, elle lâche un canari dans une pièce complètement vide, où l’oiseau n’a absolument aucun appui, aucun abri, rien à quoi s’accrocher

    Elle y laisse également sont matou…

    L’oiseau vole,vole, lutte… finit par s’épuiser   

     

    _o)_o)_o)_o)_o)_o)_o)_o)_o)_o)_o)_o)_o)_

     

     

    Elle fait le bagage de son mari, qui part en avion.  Elle y glisse un peu de substance illicite.

    Prévient anonymement le service concerné à l’aéroport.

     

    Il ne la délaissera plus pour sa maîtresse

     

     

     

    /¨¨¨/¨¨¨¨/¨¨¨¨/

     

     

     

     

    Il ne supporte plus les miaulements et les bruits de griffes des chatons désespérés qu’il doit noyer périodiquement dans un seau, à chaque fois que sa chatte a mis bas..

     

    Il a trouvé plus pratique de les…faire passer au micro-ondes

     

    Heu, ça fonctionne aussi avec les chiens,mais le micro-ondes doit être plus grand...

     

     

     

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    Il glisse un cheveux blond sur le veston de son père, un autre jour il dépose une goutte de parfum sur son col, le jour suivant, c’est une trace de rouge à lèvre qui est déposée sur le col de sa chemise.

     

    Il a suffit de quelques mois …ses parent divorcent

     

    Bien joué, gamin deux parents ensemble = un seul cadeau, une seule fois des vacances

    Des parents séparés multiplient tout cela par deux….

     

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    Il est jaloux de sa fille qui veut, comme toutes les filles, aller s’amuser, danser

    Elle peut sortir, mais il a trouvé qu’elle présente une faiblesse au genou, dont elle se plaint depuis quelques jours.

    Il bande le genoux…en glissant une attelle à l’arrière  du genou.  Impossible de le plier,impossible de danser.

     

     

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    Un mari très riche et presque aussi vieux . Un cœur fragile, de l’asthme

    Un – faux mais très ressemblant – serpent glissé entre ses draps.

    Crise cardiaque garantie.

     

    Il suffit d’enlever le serpent et…de ne pas se presser pour appeler les secours

    Le crime parfait ?

     

     

     

    0ç*ç*ç*ç*ç*ç*ç*ç*ç*ç*ç*ç*ç0

     

     

    Il est vraiment décidé à se débarrasser de sa femme. Rien de plus simple.

    Il provoque une panne dans le circuit électrique de leur petit pavillon de banlieue

    Il la prévient qu’un électricien contacté par ses soins viendra l’après-midi même, vers 15h

    Heure idéale, où le quartier est encore déserté par les habitant laborieux. Et les enfants sont encore retenus par leurs cours.

     

    En fait d’électricien, c’est un tueur (ça se trouve à des prix très raisonnables) qui frappera à sa porte, avant d’expédier la brave dame ad patres

     

    Ils  est convenu que le mari donnerais « le coup d’envoi » par sms ;  Il faut être certain que la voie sera libre.

     

    Oui ? Mais le mari – l’émotion peut-être – se trompe et envoie le message….sur le portable de son épouse.

     

    Elle va très bien, merci. Eux purgent une longue peine de prison.

     

     

    Chaque matin elle astique sa maison, dressée en pleine campagne.

    Chaque matin, vers 11 heures, elle se prépare une assiette de sandwiches qu’elle dépose sur le large appui de la fenêtre ouverte sur le petit chemin qui passe devant la cuisine, à l’arrière de la bâtisse.

     

    Une main anonyme à glissé le poison entre deux tranches de pain. 

     

    La maison sera vendue aux enchères, au plus bas prix, la défunte n’ayant aucun héritier.

     

    La main qui signe le chèque ressemble étrangement à la main anonyme…

     

     

     

    Un cafard meurt sous les coups de balai d’une ménagère dégoûtée

    Il renaît sous forme d’araignée, qui meurt sous le coup de talon de…la même ménagère, toujours aussi dégoûtée.

     

    L’araignée revient sous forme d’une souris (on avance, hein, là) qui meurt d’un sale coup sur la nuque, le piège ayant parfaitement fonctionné.

     

    La souris renaît sous la forme d’un magnifique éléphant que la brave ménagère va gaiement « se faire » au cours d’un safari

    Et l’éléphant  renaît sous forme d’un bel enfant, que ladite ménagère vient de mettre au monde.

     

    Moralité, la brave dame à tué par quatre fois sa future progéniture.

     

    Ceci, bien entendu, si l’on accorde quelque crédit à certaine philosophie orientale

     

     

    September 13

    VRAIE FOI OU...DIEU PSY

     

     

    Je me promenais, il y a quelques jours, aux alentours d’une église – mais qu’est-ce que je faisais là ? – à l’heure de la messe.

     

    Et je voyais se précipiter une foule nombreuse vers cet édifice par ailleurs sympathique (pour celles qui connaissent - clin d’œil à Lily et Marie-Noëlle - je parle de l’église St Jacques.

     

    Repassant par hasard à l’heure de sortie de ladite messe, j’entendis quelques commentaires qui me laissèrent rêveuse. (Oui, le créole est enfin entré dans ma petite tête)

     

    On y discutait ferme d’une multitude de sujets, allant de la voisine venue sans sa famille, à la robe d’une autre. Le prêtre lui-même n’était pas épargné, puisque de l’avis d’une paroissienne, il semblait vraiment très fatigué.

     

    Imaginons à présent que vous sortiez d’un rendez-vous avec une personne très, très, vraiment très importante.

     

    Ne seriez-vous pas encore sous ce que je pourrais appeler l’influence de l’entretien et de la personnalité de votre auguste interlocuteur. Ne vous sentiriez-vous pas encore quelque peu impressionné par son pouvoir ?

     

    Tous ces gens venaient de rencontrer Dieu. Attention, je ne suis ni pour ni contre, mais simple observatrice, donc aucunement tendancieuse.

     

    Ils venaient de retrouver, dans son Sanctuaire, le Créateur de l’Univers (encore une fois, ceci ne reflète pas mes propres convictions, que cela soit bien clair)

     

    Et ils parlaient de tout, sauf de cette rencontre qui aurait dû les sublimer, les transporter.

     

    Ne puis-je donc en déduire que la majorité se rend à la messe pour des motifs aussi légers et futiles que : le qu’en dira-t-on, l’éducation, l’habitude ou pis, cette messe sacrée ne serait-elle pas prise, in fine, comme  simple distraction pour tous ces braves gens.

     

    Rien de bien méchant dans tout cela, me direz-vous et je suis bien d’accord avec vous.

     

    Mais j’ai pu constater qu’ils se rendent à l’église également pour se confier, pour parler.  Ils  déposent leurs peines, leurs soucis, leurs chagrins, leurs charges quotidiennes et souvent bien lourdes entre les mains d’Etres Supérieurs, dont ils espèrent de toute leur âme, de tout leur cœur, aide et assistance.

     

    Ora pro nobis

     

    Bien plus rares sont ceux qui prient lorsque, dans leur vie, rien ne cloche. Généralement, dans ce cas, ils retournent à leur « routine », la robe de la voisine…l’air du temps ….

     

    Jusqu'au prochain obstacle... 

     

    Alors, finalement, Dieu ne serait-il….qu’un excellent et omniprésent psychologue ?

     

     

     

     

     

    September 11

    QUAND JE VEUX...

     

    Si je veux vraiment  quelque chose, généralement je l’obtiens.

     

    Pourquoi ? Parce que je m’aime assez pour injecter dans mon entreprise tous mes efforts, toutes mes ressources.

     

    Mais pas n’importe comment.  Je ne jette pas mes forces dans la bataille n’importe comment, n’importe quand.

     

    J’ai une stratégie bien précise, une méthodologie qui me permet généralement de ne pas me décevoir.

     

    Comme déjà dit, je suis ma meilleure amie, donc j’ai le devoir de ne pas me faire défaut. Si on peut plus compter sur soi-même …

     

    Si vous obtenez toujours ce que vous voulez, si vous atteignez toujours votre but, n’allez pas plus loin, ce serait une perte de temps.

     

    Mais si vous aimez les petits trucs, moyens, les petits chemins de campagne qui permettent d’arriver mieux et plus vite à destination, alors, poursuivez avec moi.

     

    D’abord, je ne me lance jamais dans « l’aventure » sans préciser très exactement ce que je veux obtenir.

     

    Ensuite, je me fixe, si possible, une date ou du moins un certain laps de temps pour arriver à mon but.

     

    Ensuite ? Je suis très sévère avec moi-même ;

    Ma « demande » est-elle raisonnable, fondée, justifiée

     

    Je dresse la liste de mes arguments, j’examine leurs points forts et leurs failles, j’en cherche d’autres

    Tout cela de MON point de vue

     

    Ensuite, j’examine ces arguments du point de vue extérieur

     

    Soit que j’envisage d’adresser ma requête à un tiers (demande d’augmentation, avantages, congés etc…)

     

    Soit que la décision m’appartienne : formation longue durée, nouvelles études, recherche de l’âme sœur…Peu importe

     

    Dans le premier cas, je me mets complètement à la place de celui qui recevra ma demande : j’utilise l’empathie.

     

    Jugera-t-il ma demande opportune, justifiée

    Que ressentira-t-il ?

     

    Je mets en scène tout ce que je connais de cette personne.

    Cela va plus loin, j’imagine, en rêve éveillé, toute la discussion avec les arguments et contre arguments, et…

     

    Après, j’examine les résultats. Et j’évalue mes chances de réussite.

     

    Dans le second cas, je me mets en situation future.

    Quelles seront les conséquences de ma décision ?  Pour moi, pour ma famille ?

    Suis-je prête à accepter les sacrifices éventuels que la réalisation de mon but nécessite ?

     

    .

     

    Mon argumentation doit être bien étayée, car je dois être profondément convaincue avant de convaincre les autres.

     

    Et enfin, s’il s’agit d’une requête quelconque (augmentation, changement de service etc…) il faut….choisir le bon moment.

     

    Hé oui, faut pas y aller la fleur au fusil et le nez en l’air, mes chéris, faut réfléchir un peu.

     

    Je connais une brave dame que la timidité paralysait. Un matin, elle se décide et fonce chez son chef de service, l’expert comptable de la boite….qui lui est en plein….contrôle fiscal

     

    Vous imaginez si elle a été bien reçue, la pauvre.

     

    Donc,il reste à choisir son moment.

    Le bon de préférence….

     

    Bon, moi j’ai un but, suis fatiguée de vous écrire tout cela, alors m’en vais demander à mon petit mari s’il veut bien me préparer un peu de café

     

    Comme vous le voyez, toute une entreprise.

     

    Soyez rassurés, j’ai calculé tous les risques et bien étayé mes arguments, mes armes sont fourbies

     

    Mais, si d’aventure il m’envoyait sur les roses – aie les épines – ne vous tracassez pas, je le ferais moi-même, ce café.

     

     

    September 06

    CONFIANCE EN SOI

    J’ai confiance en moi, je suis ma meilleure amie.

     

     

    Quand je me demande conseil, je suis certaine de prendre le temps

     

    de réflexion nécessaire pour me donner le meilleur avis possible.

     

     

    Si je décide de prendre un autre avis, je sais que je choisirai la

     

    personne idoine, la mieux avisée pour le cas qui m’occupe.

     

     

     

    J’ai confiance en moi, j’ai dressé, depuis longtemps, la liste de

     

    tout ce que j’ai réussi et réalisé dans ma vie.

     

     

     

    Ma liste commence dès ma naissance, puisque je suis là, bien vivante.

     

    J’ai appris à marcher, à lire et écrire, a exécuter des milliers de

     

    gestes différents, à faire face à mes devoirs et obligations, j’ai

     

    passé des examens, le permis de conduire, je me suis trouvée un

     

    mari et mon fils n’est pas plus mal qu’un autre.

     

    J’ai tendu toujours à aimer et comprendre les humains, qu’ils

     

    soient ou non de ma famille, de mon clan.

     

    Et je pourrais ainsi poursuivre la liste sur des pages et des

     

    pages.

     

     

     

    Vous me direz, « mais c’est banal tout cela. Chacun réalise ces

     

    gestes, ces actes »

     

     

     

    Et je réponds « non »

     

    Il y a des gens qui ne parviennent pas à ouvrir la porte et partir

     

    seuls acheter leur pain, d’autres qui n’obtiendront jamais le

     

    permis de conduire… »

     

     

     

    Ils vivent des blocages insurmontables faits d’anxiété, de peurs,

     

    d’angoisses, d’imaginaire indompté.

     

     

     

    J’ai confiance en moi, je suis un maillon d’une immense chaîne

     

    d’ancêtres, ancrée dans l’aube de l’Humanité.

     

     

     

    Et tous ces ancêtres ont été assez forts, malins, rusés,

     

    intelligents, débrouillards pour survivre à des conditions de vie

     

    extrêmement difficiles, pénibles, périlleuses

     

     

     

    Chacun de mes ancêtres a réussi à survivre assez longtemps pour

     

    laisser une descendance, la protéger, l’élever.

     

     

    Et, à tort ou à raison, je me sens la dépositaire de leur force,

     

    leur courage, leur intelligence, leur débrouillardise, de toutes

     

    leurs qualités ayant permis une survie dans un contexte qu’on est

     

    loin de pouvoir qualifier de « tendre » ou « facile »

     

     

     

    Alors, quand il m’arrive de douter, de me demander si j’y

     

    arriverai, je pense à eux tous, qui m’ont précédés sur les chemins

     

    caillouteux, raboteux, de la vie

     

     

    Et je ne suis plus seule, je n’ai plus ni peur, ni froid…

     

    September 05

    JUSTE ENVIE DE LE DIRE

    Il y a quelques jours, on parlait devant moi de courage.

     

    Un des interlocuteurs – je ne participais pas vraiment à la

     

    conversation, je me tenais un peu en retrait – encensait un

     

    gars – qu’il ne connaissait pas, d’ailleurs – pour quelque acte

     

    héroïque

     

     

    Je dois avouer que cela m’irrita légèrement.

     

     

    Car le gars courageux, héroïque, n’est pas celui qui sauve

     

    quelqu’un de la noyade ou de n’importe quoi d’autre. 

     

    Il agit sous l’effet d’une pulsion irrésistible, il ne réfléchit

     

    pas le moins du monde.

     

     

    Si le héros prenait la peine de considérer la situation,

     

    d’envisager toutes les possibilités, de peser tous les risques,

     

    de spéculer sur ses propres chances de s’en sortir vivant

     

    puis de sortir l’autre de sa pénible situation, il y a –

     

    croyez-moi – quelques chances pour que le héros en question

     

    ne bouge pas d’un poil.

     

     

     

    Non, les vrais héros, nous les rencontrons tous les jours.

     

     

    Ce sont ces gens qui se lèvent chaque matin, quels que soient le

     

    temps et la saison, leur humeur, leurs soucis et leur état de

     

    santé et partent accomplir des tâches souvent

     

    inintéressantes, assumant  un job ennuyeux, épuisant, voire

     

    rébarbatif, afin de pourvoir aux besoins des leurs et de leur

     

    apporter bien-être et confort.

     

     

    Les vrais héros, ce sont également ces personnes qui

     

    prennent, elles, des risques calculés, savent exactement les

     

    dangers à affronter et pourquoi il faut y faire face– et je

     

    pense ici à tous les métiers périlleux – pêcheurs, pompiers,

     

    sauveteurs etc…

     

     

    Ces actes quotidiens, répétés, conscients sont le vrai courage.

     

     

    Pourquoi cette diatribe, me demanderez-vous.

     

    Simplement pour remettre, dans la très faible mesure de

     

    mes moyens,  les points sur les « i » et les héros à leur

     

    vraie place.

     

     

    Même pas un coup de gueule

     

     

    Pas de quoi venir me sauver…juste une tempête dans un

     

    verre d’eau….dans lequel je ne me noierai pas.

     

     

     

    La photo ci-dessous, c'est juste pour prouver à ceux qui travaillent que leur sort est -encore - assez enviable.

     

    A méditer...

     

     

     

     

     

     

     

     

    August 25

    JEROME

    Cris, larmes. Insultes… Dispute. 

    Une main qui se lève. Moment fugace de violence.

     

    Emma est là, seule, impuissante devant ce fils, ce déchaînement de colère, cette déferlante de haine.

     

    Un sac jeté sur le fauteuil, quelques effets vite entassés, n’importe comment.  

    Départ.

     

    Il le lui a dit, il reviendra prendre le reste de ses affaires un peu plus tard.

     

    Emma n’ose s’absenter, quitter la maison. Ne pas rater son retour.  Tenter de renouer le dialogue.

     

    Une main impitoyable serre son cœur, appuie sur sa poitrine. Elle est lourde de peine, de chagrin profond. Elle pressent l’irrémédiable. Ne sait comment négocier ce méchant tournant de sa vie.

     

    Un nom remonte à ses lèvres… Un appel à se mari parti trop tôt. Silence de l’absence.

    Nulle famille, nulle main tendue.

     

    Il revient. Un ami l’accompagne.  Elle sent, Emma, sa maman, que l’ami lui sert de protection, est là pour parer à toute tentative de rapprochement.

     

    Pas un mot, pas un regard. La chambre est vidée en moins d’une demi-heure. 

     

    Agonie. 

     

    Jérôme….Mais il ne répond pas, ne se tourne pas vers elle.

    Jérôme…Trop tard, la porte claque sur le dernier sac qu’il porte sur le dos.

    Sans un mot, sans un regard.

     

    Au début, les premiers mois, elle ose à peine sortir.  Peur de rater une visite de plus en plus improbable, mais toujours autant espérée.

     

    Elle vit, le téléphone à porté de main. Le poids qui oppresse son cœur ne la quitte pas une seconde. Les larmes succèdent aux larmes, le silence au silence

     

    Elle se sent mourir le jour de son anniversaire. Elle ne sait ni où ni comment le joindre. Son numéro de portable est changé.

    Elle s’éveille trop tôt, à peine cinq heures du matin.  Tente de se rendormir, sans succès

    Elle prie tous les Saints du Paradis, tous les diables de l’enfer, tous les dieux païens, pour qu’enfin le téléphone sonne.  Aujourd’hui il a vingt-deux ans.

     

    La journée s’écoule, lente, affreuse.  A dix-sept heures, épuisée, elle avale un tranquillisant. Qui ne tranquillise rien du tout. Sa peine l’étouffe, la brûle. L’espoir diminue. Pas de nouvelles…Peut-être ce soir ?

     

    Elle a veillé toute la nuit, la crainte de ne pas entendre son appel prenant largement le pas sur sa fatigue naturelle, alliée à l’effet du tranquillisant.  Seul le silence a présidé cette interminable nuit.

     

    Emma a vieilli.  Elle est absolument seule au monde. Pas de famille, pas d’amis. Cela arrive, ce genre de solitude.

     

    Elle prie chaque jour pour ce fils absent, dont elle ne sait rien.  Dont elle ne sait plus rien depuis plus de dix ans.

    A chaque anniversaire, à chaque Noël, elle espère, retient son souffle, vie en suspens, attente insupportable, toujours déçue

     

    Des heures interminables, qui la corrodent, la tuent plus sûrement qu’un poison..

     

    Malgré la maison devenue trop grande, elle n’a pas osé déménager.  Et si … Et si un jour Jérôme avait besoin d’elle. Et si…Et si un moment, il regrettait, revenait…Attente dans l’immobilité

     

    Souvent, elle l’imagine, marié, heureux.  Un enfant peut-être ? Et même deux.

    Elle n’ose penser à la manière dont il l’a décrite auprès de sa compagne.

    Emma à de la peine.

     

    Ses photos sont partout. Jérôme le lendemain de sa naissance, à la plage, le jour de la première rentrée des classes.  Toute une vie d’amour, de tendresse, de doux dévouement maternel.

     

     

    Pas un instant elle ne  l’oublie.

    La chambre est restée telle qu’il la abandonnée.

    Elle a rangé, n’a rien jeté. Emma s’efforce d’y entrer, une fois par mois, pour en chasser la poussière.  Royaume déserté par un roi indifférent.

     

    En ce jour de novembre, elle est fatiguée. Plus que d’habitude.  Mais il n’y a rien dans le frigidaire, et il faut bien vivre.

     

    Pas de foule au supermarché à cette heure. Emma s’active. Elle déteste la corvée « courses » Son panier commence à peser, au bout de son bras. 

     

    Une silhouette familière.  Si sa vue a baissé, sa fibre maternelle n’a rien perdu de sa qualité.

    Cette silhouette, c’est Jérôme.

     

    Elle a lancé son nom avec force, avec ferveur.  Comment a-t-elle pu crier si fort, si haut ?

     

    Il se retourne, la regarde…Cet instant dure une éternité.

    Emma tend les bras, tout son corps s’élance vers lui.

     

    Un mot fuse « maman ».  Leurs regards se croisent, s’accrochent.   Un instant d’éternité

     

    Puis, lentement, il se détourne, continue son chemin.

     

     

    L’ambulance emporte Emma .. Ce cœur épuisé, durement éprouvé, jour après jour, heure après heure, par une attente interminable et vaine, ce cœur à lâché sous le choc.

     

    Un cercueil tout simple. Un enterrement sans cortège, sans famille ou connaissance.

     

    Juste un tout petit bouquet…Offert par la Mairie aux défunts isolés

     

     

     

     

     

     

    August 18

    PASSE LE TEMPS...

    Une tasse de thé brûlant dans une main, une énorme boite de chocolats dans l’autre, Cathy se laisse tomber dans un immense fauteuil du salon.

     

    Il est évident que rien ne va plus. Elle regarde les choses en face et « les choses » c’est sa vie. Deux ans qu’amours et  ruptures tourbillonnent sur une valse à mille temps. Les kilos s’accumulent .  Elle pourrait garnir toute une perruque avec le nombre de cheveux perdus

     

    A trente-six ans, bientôt trente-sept, l’espoir de maternité s’amenuise

     

    Ce boulot, à laquelle elle s’est consacrée corps et âme, ne lui laisse qu’un goût amer dans la bouche.

     

    Un beau gâchis.

     

    Plus de parents. Des sœurs oui, vues à l’occasion, casées entre deux rendez-vous, deux dîners d’affaires. Des neveux et nièces, vagues fantômes errant dans sa mémoire sélective.

     

    Un superbe manque.

     

    John …Le dernier en date…Le dernier à s’être glissé entre ses draps garance…A fui le soir où elle s’est pointée dans la chambre, un contrat à réviser sous le bras.

     

    Non, décidemment, rien ne va plus.

     

    Le passé. La Fac, les stages, les premiers succès de plaidoirie, son  ascension dans le Cabinet jusqu’au rang d’associée.

     

    Un brillant échec déguisé en rayonnante réussite.

     

    Et aujourd’hui, cette lassitude. La solitude

     

    Désarroi, sans bras autour des épaules . Voix amie absente. Gestes-tendresse inexistants.

     

    Solitude. Tribut payé à la réussite.

     

    Désolation d’un désert absolu.  Sa vie…

     

    Cathy ne se reconnaît pas, ne se reconnaît plus.  Elle, la battante, la meneuse…

     

    Au fil de ses réflexions, le chocolat disparaît, fond comme neige au soleil au creux de son palais, à la pointe de sa langue.

     

    Consolation…Compensation….

     

    Elle se croyait heureuse…Comblée…Jusqu’à ce que John quitte ses draps.

     

    Elle l’aime…Cela apparaît…Evidence éblouissante…Elle l’aime

     

    Pas comme elle a aimé les autres, par caprice. Ceux qui ont flatté son ego,  sans écho affectif.

     

    Le whisky  remplace le thé.  L’accompagne dans sa longue introspection.

     

    Les regrets sont vains, elle le sait.

     

    Reste à faire du mieux qu’elle peut, avec les cartes qui lui restent en mains.

     

    Carriériste, arriviste, travailleuse forcenée

    Affectif perdu dans les profondeurs abyssales d’un océan d’indifférence…Jusqu’à l’apparition de John

     

    Un physique délaissé au profit de l’intellect.

     

    Le bilan est lourd, le crash sévère et sa responsabilité totale.

     

     

    Maître Catherine Delpierre dresse son propre procès.

     

    Action – réaction. Agir et vite.  Trente-six ans…Le temps qui passe, le printemps qui s’est éloigné, l’été bien entamé.  Trente-six ans…Solitude

     

     

     

     

     

     

     

    Quelques mois plus tard…

     

    Un week-end…Solitude.  Quelque part au milieu de septembre, au milieu d’un samedi soir de déroute.  Solitude…

    Un  bar. Huppé, élégant.

    Cocktail acide, aussi amer que la solitude.

     

    Descente aux Enfers.

    Toula , dieu des amours mortes…John

     

    Cinq mois déjà. Malade …d’amour, de manque…De tout….De lui ….John

     

    Sérénade, litanie, prière païenne…Leitmotiv de ses nuits, de ses jours…Surtout de ses nuits.

    John…amour déçu, amour perdu

     

    Mépris pour cette femme qu’elle ne reconnaît pas, qui s’avilit à lui téléphoner, à se faire rabrouer, éconduire.  Cette femme…Elle.  Qui capte la moquerie dans la voix de la secrétaire du distingué et très apprécié architecte John Lescure. L’avant-garde personnifié de sa profession.

     

    Refus, larmes.  Des larmes, elle ? Une petite fille, juste une enfant pleine de chagrin.

     

    Papa . Lui aussi parti trop tôt, trop vite.  Disparu, englouti dans cette terre fraîchement remuée, creusée. Incompréhension, injustice. Elle a dix ans. Juste dix ans.

     

    Elle sort du bar. S’aperçoit que le cocktail acide n’est pas réglé. Rentre dans le bar.

    Etrange ballet.  Elle doit paraître folle.  Elle est folle.  De chagrins, d’abandons

     

    Elle ne guérit pas. Elle le sait, elle ne guérira pas de lui

     

    Descente aux Enfers

    Toula, dieu des amours mortes…John

     

    Dépression.  Larmes, des larmes, encore des larmes.  Un voile grisâtre devant les yeux, qui empêche de voir le ciel, le pâle soleil d’octobre, d’entendre le vent dans les arbres parisiens, de percevoir la ville qui va doucement vers les Fêtes de fin d’année

     

    Toutes ces années écoulées, années de liberté chérie et protégée par  tous les procédés possibles. Interdiction de tomber en amour, de s’attacher. Rompre était devenu son sport favori.

     

    Jusqu’à un certain mois de février. Un matin  frais et humide où un architecte pressé est entré en collision avec une avocate qui ne l’était pas moins.

     

    Pavés luisants, documents répandus… sourires et excuses…Attirance, séduction

     

     Un tourbillon de plaisir, de bonheur et l’amour.  Vif, gai, léger

     

    Jusqu’à ce soir-là.  Ce soir où, glissé entre ses draps garance, des jeux et des rires plein la tête, du désir plein les yeux, il l’attend.

     

    Jusqu’à ce soir-là. Ce soir où, la tête encombrée de références jurisprudentielles, d’articles de loi et des quelques centaines de pages du dossier de plaidoirie, elle déboule dans la chambre, le dossier en question sous le bras.

     

    Cinq mois déjà.

     

    Un compte affectif complètement négatif.  Un compte en banque complètement positif…Une vie, sa vie.

     

     

     

     

     

    Elle fête ses trente-sept ans seule. Champagne, canapés et toasts, télévision.

     

    Elle se projette.  Dans dix , dans vingt ans… Frisson, solitude.

     

    Toula, dieu des amours mortes….John

     

     

     

     

     

    Maïtre Catherine Delpierre à minci. Son Cabinet minuscule commence à avoir du succès. Elle est seul maître à bord.

     

    Elle apprend, doucement, lentement, le plein sens du terme « humain ».

     

    Sa secrétaire, une maman seule élevant quatre gosses. Souvent en retard, parfois distraite, toujours fatiguée…Mais leurs fous rire, leur complicité…

     

    Ses dossiers, des gens qui ont « manqué de bol », perdu foi en la chance, en la vie

     

    Comme elle, son compte en banque a maigri

     

    Mais elle connaît le prénom et la date de naissance de chacun de ses neveux

     

    Elle rit souvent, possède une masse de relations et quelques amis solides

     

    Cathy attend. Elle sait qu’un matin frais et humide, un matin où les pavés luiront, un matin où, comme tous les matins, elle sera trop pressée, un homme aussi pressé qu’elle la bousculera. Et cet homme, il s’appellera John.

     

    Elle le sait. Le Cabinet de Me Catherine Delpierre   n’est-il pas situé….dans l’immeuble à côté des bureaux du célèbre et très demandé architecte John Lescure.

     

    La vie est belle, non ?

     

    August 14

    AMOR, AMOR

    Je t’aime

    J’ai du chagrin

    Dessiné dans mon destin

     

     

     

     

    Je t’aime

    J’ai ta ligne de vie

    Tracée dans ma main

     

     

     

     

    Je t’aime

    J’ai comme Océan

    De la peine et du néant

     

     

     

     

    Je t’aime

    Je vis au rythme des heurts

    De tes battements de cœur

     

     

     

     

    Je t’aime

    Et je n’ai pour horizon

    Que le chemin de ton abandon

     

     

     

     

    Je t’aime

    Tu ne le sais plus

    Tu m’as perdu de vue.

     

     

     

     

     

     

     

     

    July 28

    VERRE BRISE

    Un verre ancien de cristal brisé à mes pieds .Une triste fin de soirée                         

     

     

     

    Si je peux balayer les débris, si toutes les traces de ce désastre peuvent disparaître, si je peux, par un simple morceau de papier, remplacer cet objet cassé, il n’en va pas de même pour toi.

     

    J’avais beaucoup à faire, maîtresse de maison accomplie, de longue date rompue à la plus parfaite convivialité, et pourtant, mon regard ne te lâcha guère, tout au long de ces heures, de cette interminable soirée, de cette éternité.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je sus alors le nom de celle que je cherchais depuis mars dernier.

     

     

     

     

     

    Aimantés, « amantés » voudrais-je dire, vous ne pouviez vous empêcher de votre regarder, de vous frôler, gestes furtifs, clandestins et pourtant si présents, condensés de votre désir mutuel, de votre amour.

     

    Inutile de feindre, de rêver.  Elle est « tout » plus que moi. Belle, joyeuse, jeune. La culture même ne lui fait pas défaut. Et lorsque je l’entraînai sur les pistes de Nazca, elle m’y suivit allègrement. Il en fut de même de tous les sujets que j’abordai, de Dali à l’art celtique.

     

    Ce soir, entre nous, juste près de nos souliers, ce verre brisé, que tu as laissé échapper.

     

    Et si depuis dix mois mon cœur est dans le même état, incertitude, déconfiture, là, devant cet objet éclaté, je décide de balayer les miettes de mon cœur.

     

     

     

    Un simple billet de papier ne me procurera ,certes pas un nouvel amour

    Mais je suis bien décidée à commencer par remplacer ce verre brisé..

    Et je sais que le reste suivra.

    Juste retour des choses…Clin d’œil du destin, chaleur de ma vie…

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    July 13

    DES MOTS

     
     
    il est curieux de constater que nous n'apprenons, dès notre plus tendre enfance, que le sens des mots, et non leur valeur.
     
    Il est encore plus curieux de noter que cette carence est immédiatement comblée par l'enfant, qui sait très vite jouer avec les mots pour arriver à son but.
     
    Ainsi, il les utilisera pour obtenir ce qu'il veut d'un adulte.
     
    Les mots deviennent ainsi des moyens, pour arriver au but le plus efficacement possible.
     
    Les mots se transforment en armes qui peuvent devenir dangereuses, mortelles au même titre qu'un fusil ou un couteau.
     
    Beaucoup de gens, à l'âge adulte, utilisent les mots inconsidéremment, ne tenant  compte ni  de leur portée réelle, ni du caractère, de la sensibilité ou de la psychologie de la personne qui les reçoit.
     
    Il en découle des malentendus, des blessures parfois irréparables.
     
    Alors, apprendre à manier les mots, à réaliser leur sens exact, n'est pas un travail inutile.
     
    Ils sont indispensables à notre vie sociale, professionnelle, affective.
     
    Employer le mot juste, n'est-ce pas bien communiquer ?  Eviter les conflits ?
     
    Jouer avec les mots,pour que les mots ne se jouent pas de nous.